Comme l'odeur arrogante d'une souffrance enfouie

Une fin ? un début ?

Après toutes ces années, un jour, elle est partie, enfin. Il a eu un geste de trop, il a levé la main sur son fils, si petit. Alors elle a dit "c'est fini". Bien sûr, ça n'a pas été aussi simple...

Ça a pris plusieurs mois.

Entre la décison ferme de s'en aller et la liberté, il y a eu bien des péripéties. Peu importe de les détailler ici. Pas besoin de pitié ou de curiosité malsaine. Donc, pas d'autres détails. Ce qui compte, c'est de savoir qu'elle n'y serait pas arrivée si elle n'avait pas demandé d'aide.

À sa mère pour commencer. Puis à sa directrice, à l'école, qui l'avait vue fondre de plus de 15 kilos et s'éteindre petit à petit. Cette femme, avec qui elle n'avait jamais eu de grandes affinités, s'est inquiétée. Ensuite, elle s'est impliquée personnellement, couvrant son absence le jour où elle l'a envoyée voir son médecin. Ensuite, les choses se sont enchaînées et 4 mois plus tard, elle avait un logement, quelques meubles et ses enfants avec elle.

Entretemps, elle avait été prise en charge et elle avait compris, parce qu'on lui avait expliqué, que, oui, elle avait bien sa part de responsabilité. Mais inconsciente, liée à son vécu dans l'enfance et son "creux" à elle qui correspondait exactement à sa "bosse" à lui.

Enfin

En définitive... Le plus important c'est sans doute de savoir qu'on ne peut pas changer l'autre

Pour plusieurs raisons. D'abord, parce que, pour changer, il faut le vouloir, il faut avoir conscience que quelque chose ne va pas dans son propre comportement, dans sa relation aux autres. Dans son cas, lui, n'avait pas envie de changer quoi que ce soit : Il pensait que les autres étaient en cause et ses blessures d'enfance induisaient un comportement de "bourreau". Ensuite, parce que, si on se retrouve, comme elle, dans une relation toxique, c'est qu'on a soi-même des blessures. Ces blessures ignorées ou niées, provoquent un comportement de "victime" - Toujours de manière inconsciente bien sûr, je ne dis pas que l'on endosse volontairement l'un ou l'autre de ces rôles -

Il faut parler et se sauver, dans les deux sens du terme. Prendre de la distance et se faire aider pour y arriver.

Pour terminer l'histoire, elle a mis du temps à se dépêtrer de son emprise. Longtemps il a essayé de l'empêcher de vivre. Tout y est passé : le chantage, l'attendrissement, la menace et encore les coups, même après la séparation. Mais ce jour là, il a frappé alors qu'ils étaient dans la rue. Il y avait des gens qui avaient vu et elle a eu le courage de leur demander de témoigner. Elle a porté plainte... Et les menaces physiques ont cessé.

Ensuite, il a continué les tracasseries diverses et variées mais déjà, elle n'était plus seule, son "creux" soigné s'était refermé et elle construisait une vie de couple, une vie de famille. Aujourd'hui elle est heureuse, elle sait ce que c'est que le respect et l'amour. De ce moment, quand elle a rencontré d'autres personnes comme lui sur sa route, elle a reconnu, de suite...

... Comme l'odeur arrogante d'une souffrance enfouie. Elle ne s'est plus arrêtée, elle avait donné !

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