Parce que j'ai de beaux restes, le conte m'a choisie

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La liberté comme un flambeau pour conter.

Comment est-ce que je choisis un conte ? C'est parfois très étrange !

Quand nous avons décidé du thème de "Mille mots de la Terre", à savoir, la Nature, j'avais souvent conté sur ce thème. Ceci explique cela. Comme disent nos amis Québecois, j'étais tombée en amour avec certaines histoires au point de vouloir les partager... Plus.

Qu'il s'agisse des éléments - Les enfants de Pachamama -, de la biodiversité - Le loup et les 2 petits cochons -, de la désertification - Le trésor des sables - , de l'action de l'activité humaine sur l'environnement - L'île du soleil - ou encore du dérèglement climatique - Les Tipôls -, j'avais pas mal bourlingué dans ces cont(r)ées. Je me disais donc que jaurai largement assez de matière pour un CD.

Ensuite s'est posée la question de la durée. Il fallait quelques contes plus court pour varier et surpendre l'auditeur. C'est alors que se sont invités les petits contes philosophiques. Et enfin, on a choisi l'ordre dans lequel ranger tout ça.

C'était comme une évidence

Et là, sans aucun doute, sans aucune hésitation, j'ai dit : "La conteuse en premier". Pourquoi celui-là ? Sur le coup, je n'y voyais aucune raison valable, c'était évident, c'est tout. Ce conte explique comment et pourquoi quelqu'un se met à conter. A quoi ça rime le métier de conteuse aujourd'hui ? Dans ce monde où l'image est reine au point que, pour vendre un cd audio, il faut des images, pourquoi ramer à contre-courant ? Pourquoi s'adresser aux oreilles et zapper les yeux ? Parce que j'ai pris de l'âge et que ma voix, elle, ne trahit pas mes rides ? Non, c'est bien plus profond que ça ! Je ne suis pas si coquette - Et puis j'ai de beaux restes -

Bienvenue

L'imaginaire, ça vous parle ?

Il y a plusieurs réponses : D'abord parce que pour moi, l'imaginaire est une des clés de la liberté, la vraie. Basta les images imposées, je veux rêver avec MES images, les fabriquer moi-même. Conter devient alors en quelque sorte un acte libératoire pour soi et les autres. Essayez d'écouter, les yeux clos, une voix qui vous emmène. Et si vous pensez qu'un enfant, même jeune, ne peut pas écouter s'il n'y a pas d'images, essayez ! Vous serez surpris.

Revenons au conte : Au début, beaucoup de gens se déplacent pour écouter la conteuse, mais après quelques temps, il en vient de moins en moins puis un jour, plus du tout. Mais elle continue. Elle conte pour le ciel, les nuages, le vent, les arbres... Elle conte... Elle conte... Longtemps. Et puis un jour, un enfant s'approche d'elle et, au petit qui lui demande pourquoi elle parle toute seule, elle répond : "Autrefois je contais pour changer le monde, aujourd'hui je conte pour que le monde, surtout, ne me change pas". Et voilà ma réponse à "Pourquoi ce conte là pour débuter "Mille mots de la Terre" ?".

Parce que c'est exactement pour cette raison que j'ai choisi de bifurquer vers ce métier : Pour porter la liberté comme un flambeau - en essayant de ne pas me brûler -

Finalement, une fois encore, c'est le conte qui m'a choisie et pas l'inverse !

Et vous ? Parfois, vous avez été choisi à votre insu ? Par qui ? Ou par quoi ? 

conteuse nord pas de calais contes musicien histoire nature

Commentaires (1)

Philippe Carpentier
  • 1. Philippe Carpentier | 11/02/2018
Magnifique texte ! Tu as les mots justes... Une très belle façon de parler de ton métier. ça donne de l'espoir...

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